EVASION
Extrait - "Ces viticulteurs qui cultivent les vielles pierres pour attirer le touriste" par Frédéric Patard
Jean-François Janoueix cultive la vigne et les vieilles pierres. Pour ce viticulteurs de Saint-Emilion, la restauration de son pittoresque village de vendangeurs était un devoir pour préserver le passé mais aussi pour attirer le touriste dans une atmosphère d'autrefois.
"Le Bon et le Beau"
Sur la place pavée de Haut-Sarpe, près de Saint-Emilion, on a conservé l'enseigne de la poste rurale et une vieille pancarte proclamant : "Au revoir la vigne, bonjour le vin". A deux pas, un tailleur de pierre travaille à la réfection d'une façade.
"Le Glouglou", la petite boite de nuit aménagée pour les vendangeurs, un vaste réfectoire punaisé de centaines de photos souvenirs, un gîte pour les pèlerins sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, un moulin du XVIIIe siècle, une future salle d'exposition pour des artistes, peut-être une brasserie, bientôt un four à pain.
Une dizaine de maisons de 200 à 300 ans, abandonnées après la deuxième guerre mondiale, ont été restaurées aux frais de M. Janoueix. A Haut-Sarpe, il y aura des artistes, des touristes qui "aiment bien vivre". "Ici, on manie le bon et le beau", dit-il. "Je veux que le village soit refait comme autrefois avec l'atmosphère d'antan".
"Les grands châteaux se fichent de ces maisons modestes. Quand on les démolit, on gagne quelques pieds de vignes mais nous perdons tout un pan du passé." se désespère-t-il. "Quand je vois Napa Valley (en Californie), on ne s'est pas mis au diapason de certains pays qui reçoivent des entiers de touristes."